20 février 2008

A la nuit

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Je laisse couler ma peine
En pluie de chagrin
Du bout du doigt
S'étire le rayon de lune
A la flamme du feu de toi
Qui se dentelle
Arc en nuit sans couleurs
Magie d’une douleur
En plein cœur
Ivresse d'un désir
A fleur d'absence
Un paysage en clair obscure
Où les étoiles feux de tristesse
N’illuminent que par paresse
La solitude d’un crépuscule
Minuscule

21 janvier 2008

Sous influence

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Une nuit, sous influence
J'ai rencontré sur le bord d'un rêve
Un p'tit morceau de bonheur
Sur ma mémoire reste encore
Quelques morceaux d'émotions
Le bruit de la mer
Pour rythmer les instants
Un refrain qui fait du bien.
Des oiseaux hauts dans le ciel
Ombres chinoises
En projection sur le sol
Pour un spectacle furtif, exquis
Le ciel à peine voilé par quelques nuages
En entractes.
La chaleur d'un soleil suffisante
Pour se découvrir,
Se sentir,
Effleurements,
Peau contre peau
Epidermes entre parenthèses
Une main dans la mienne
Un rire en écho
Pour un réveil en soupirs
En souvenir quelques grains de sable
Collés sur mes joues en reflets irisés.

Photo : Angelreich

08 janvier 2008

Chute

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Je suis tombée
Vertige,
Il pleut dans ma chute
A torrent sur mes joues.

Les mots feux de détresses
Caressent en étincelles
Mes émois feux d’artifices,
Feux de joies, factices.

La pluie sur mes cils
En tatous mascara
Me fait femme tribale,
Fatale.

L’averse
En goutte à goutte
Tente d’éteindre,
Ce feu de moi.

Je dessine, sur écran nuit
Comme une enfant
Qui attise les flammes,
Des arabesques couleur chaleur.

Je vais pleuvoir encore demain.

Photo : SeaFairy

21 décembre 2007

Respire

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Une vie entre parenthèses
A redéfinir, en suspension,
Arrêt sur un moment voilé d’écume,
En voluptes amers, ces chagrins qui la ronge
Une vie inanimée, au souffle court.

Elle nous lâche
Ecartez vous !
…  respire ! respire ...

10 décembre 2007

Désenvoutement

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Ecorchée vive
J’ai arraché sur ma peau
Les souvenirs en lambeaux,
Je me fabrique
Une amnésie
Fragile.
Mes rêves illusoires,
Déchirés, en morceaux.
Que j’ai tenté de recoller
Ne ressemblent plus maintenant
Qu’à un brouillon sans âme.
Fatiguée de redessiner
En essais à tomber.
Des brides de vie
Des espoirs dans le noir.
Vaincue, en abandon.
J’ai arraché mon cœur

Je l’ai envoyé se faire voir.

26 novembre 2007

Petit bien

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Le regard voilé de brume,
Elle succombe en silence.

Des larmes en marées
Tapies au fond des yeux
Elle tombe.

Il suffirait d'un petit rien
Pour la voir submergée.

Entre deux eaux
le cœur en apnée,
un peu naufragée.

Il a suffit d’un petit bien
Pour tout recommencer.


Photo : Studio Habousha

14 novembre 2007

Ombre


podcast
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Transparente,
Les regards glissent
Sans s'attarder
Lassés, blasés
Préoccupés ou trop occupés.
Elle reste là,
Les regardant passer,
Les regardant s'aimer
A se séduire,
Inlassablement
Un peu, à la folie,
Passionnément, pas du tout.
Elle se faufile,
A contre courant
En s'émouvant
En embrasements
Jusqu'à l'indécence.
Elle n'est qu'apparences,
Dans sa transparence
Elle deviendra absente
Et les regards glisseront
Sur une nouvelle ombre à ignorer.

 

10 novembre 2007

On n'est pas malheureux


podcast
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On est acteur, en artifices
On joue et on maquille
C'est la vie, c’est difficile
On va pas la raconter heureuse
On s’arrête pas sur le bonheur
Ou à peine, ou très peu
C’est le malheur qui fait vendre
C’est le désespoir, la mort lente
Des dépressions au fond du trou
D’où rien ne remonte
C’est pas l’amour qui attire
C’est le chagrin
A gratter l’instant des autres doucement
Pour des miettes de tendresse
À l’emporte pièce.
On se cherche pour se perdre
Et on écrit comme va cette vie
A l’arraché, pour se faire du bien
Pour se tromper, pour se leurrer
Pour se fabriquer un décor
A peine déchiré, en mots mâchés
factice, fragile
Pour y croire,
A peine ou très peu
Pour finalement se dire
Qu’on n’est pas mal heureux.

30 octobre 2007

Un voyage

de65728fb1fc53d750b12475b147d5a9.jpgJe vole ...  un oiseau passe, nous nous jetons un regard, les couleurs de son plumage sont étranges, un peu comme de l'or en fusion. Il passe d'un battement d'ailes, et ne devient bientôt plus qu'un point dans le ciel, comme une étoile. Tout est calme, seule la chanson du vent m'accompagne dans cet étrange voyage. Plus bas des champs, eux aussi ont des couleurs étonnantes, des violets intenses des bleus lumineux, je me demande bien quel genre de cultures ont peut bien faire ici. Peut être des violettes pour en faire des bonbons au goût de fleurs, pour le bleu je n'ai aucune idée, des bonbons au goût de ciel sûrement. Sur ma droite, un énorme nuage, si épais que l'envie d'y poser un pied est trop forte, je l'y pose, il y reste. Je me sens plus légère, je m'avance sur cette surface toute douce résistant à l'envie de m'y rouler, on dirait une barbe à papa géante, je m'attends à voir soudain surgir le haricot magique, je suis dans l'attente de celui qui montera par ces branches. Rien ne vient, j’attends un instant sans trop y croire, rien ne bouge. Je m'avance pour faire quelques pas sur cet instant de rêve. Je m'avance tout au bord et je regarde le vide. Tout en bas la terre tel une couverture géante s'agite sous le vent, sous le souffle de la vie qui trépigne et qui s’agite. Au loin, une cloche sonne. Le vide m’attire, je vais reprendre mon voyage, mais l’idée que peut être comme dans les songes, la magie disparue, c’est une chute qui m’attend, j’hésite quelques secondes.

Un souffle sur ma nuque me fait tourner la tête, près de moi, un être étrange au regard de glace me fixe. Sur ses traits parfaits aucun signe d'un quelconque sentiment, il me regarde pour me regarder, il semble absorber des informations que je ne savais même pas posséder. Le temps s'est arrêté, il s'est avancé doucement, pour me prendre la main, l’a mise dans la sienne, et dans un doux mouvement je l'ai suivi sans hésitation car un léger sourire se devinait soudain sur ses lèvres. Je lui jette quelques regards, sa peau est presque lumineuse, c'est étonnant, il semble irradié, source vive d'une énergie formidable. C’est si beau que cela ne doit, ne peut prendre fin, ce n'est en cet instant pas lui qui me tient la main mais moi qui m'y accroche. Sa chaleur m'envahit, c'est un doux frémissement sur ma peau. Nous arrivons tous deux devant une porte grise, haute, simplement deux battants et une poignée en argent. Doucement elle s'ouvre sans un bruit, et laisse peu à peu entrevoir un monde brillant, mouvant, émouvant, nous la passons tous deux et elle se referme sur nous ... Un bruit, je tourne la tête, c’est simplement la porte, mais mon inconnu en a profité pour disparaître, en un instant ma main est vide, j’ai froid. D’un regard je constate que ce que j’avais aperçu derrière la porte n’était qu’illusions, ici il n’y a rien, pas d’odeurs ni couleurs. Ce gris est pesant, fatiguée à la limite de l’épuisement, je m’allonge et je ferme les yeux pour essayer de me retrouver car je suis perdue. Sous mes paupières clauses, ma vie défile au ralenti, des flashs, des souvenirs, des visages, sourires et rires, peu de larmes, trop de silences et mon lot de blessures, en finir et partir, oublier pour disparaître.

Mais j’ouvre les yeux. L’oiseau est là, un chant sort de son bec qui comme un bijou scintille, tâche de couleur dans ce paysage uniforme, cette chanson est si douce, bizarrement j’ai l’impression de comprendre les paroles ou tout au moins quelques mots, libertés voyages mystères conquêtes amours et amitiés. Il a raison, tout cela en vaut la peine et même si la route est longue et souvent difficile, il ne faut surtout pas abandonner. La chanson de l’oiseau devient plus rapide, plus forte, un écho au loin, un autre lui répond, ils sont soudain plusieurs a lancer dans le ciel leur chanson d’espoir, le gris devient un peu plus bleu, je distingue quelques fleurs, rouge sombre, jaune soleil, de-ci de-là puis aussi loin que porte mon regard. Une source coule un peu plus bas, sa musique accompagne divinement les oiseaux malicieux. Mon petit chanteur me regarde de ces deux minuscules yeux noirs, deux puits sombres sans fonds où l’on peut lire toute la sagesse du monde. Un souffle de vent caresse mon visage, je me redresse, des arbres m’entourent. Je me retrouve comme par magie au centre d’un merveilleux tableau, l’inconnu toujours absent mais finalement je n’ai pas besoin de lui, ma chaleur est maintenant intérieure et bien plus forte car j’en suis la source, enfin et tant qu’elle sera là au fond de mon cœur je n’aurais plus froid. L’oiseau pose doucement son bec contre mes lèvres, les yeux fermés je savoure, quand je les ouvre … Je suis là, mon écran scintille, la musique en bruit de fond, encore un rêve … Mais l'oiseau est resté tatoué sur ma peau.

Image hébergée par servimg.com

24 octobre 2007

Sur le bord

 

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Sur le bord de l’hallucination
Une image bascule, tentacules
Sur un songe, trompe-l’œil.
Aberration chimérique,
D’une vision, crépusculaire.
Le fantasme illusoire
Du mirage mythique, qui s'invite
Et s’enfonce en rêverie,
Au fin fond d’une heure
Qui se leurre d’un mystère.
Réalité troublée fantaisiste
Qui s’agite en simulacres,
Dans la mouvance d’un instant
De conscience apparente.
Perception de pensées rayées,
D’avoir été jetées à la volée
En évasion, escapade bancale,
Sur le bord d’une divagation.

Illustration, Slaine

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