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16 décembre 2007

Douceurs

 Brèves de confiseries, et les mots se laissent sucer pour se fondre dans un coin de la tête, mélange de saveurs, aigres-douces. En fermant les yeux, les mains sur le claviers, la droite boitant un peu, ils se redéposent méli-mélo d’impressions, de vies par procuration, d’instants volés sur la toile illuminée par des guirlandes qui clignotent en attendant noël avec ces joies et ces tristesses. Je me laisse bercée. Un voyage au bout du monde, roulement de hamac sur fond de Mangroves, son sourire de petite fille me fascine. Derrière sa porte bonbon, un chien méchant souris à une princesse qui ne l’est pas et pourtant dans le regard qui la fige avec des mots en perles de roses, elle l’est plus encore. On s’accroche aux branches et un rêve d’enfant de cabanes dans les arbres s’impose dans la caresse de sa gentillesse, les trois coups sont tombés, le rideau se lève sur un éveil qui claque des dents sur le défi qu’elle s’offre le regard dressé. Je donne ma hachette pour abattre des faux semblants à cette merveille sans fards qui m’offre son sourire, sa vie bordée d’intime pour un mentir vrai qu’il s’arrache de l’intérieur. Quatre mains dans un café pour une gourmandise à deux bouches, seule mais tellement mieux avec les autres. Hommes, Femmes, tous dans le même panier avec un boulet quelconque accroché à la cheville. Sur un lit de fleurs aux épines blessantes, l’homme imaginé, s'impose avec violence son désir et elle tremble, sur ses jambes, sur son cœur, sur ses larmes, les seins posés sur un comptoir, j’attends la fin, posée sur le petit prince. Un sourire sous un chapeau de feutre dépose sur des paysages qui se givrent, qui se couvrent de neige, un lilas murmurant « mon amour » ça se frôle, ça s’emboîte et les mots s’écoutent avec le cœur, comme on écoute un coquillage nacré collé à son oreille. Sous la bannière Angélique, son imaginaire sans fin, invente des batailles de bouts de ficelles, à coup de souvenirs qui chevauchent des montures métalliques sans freins. Ailleurs il se met la tête à l’envers, encre bleue sous le sous bock de sa bière et même si j’aime pas le houblon, le résultat en œillade me comble d’aise. Sous une tempête, le brushing à quatre épingles, un rire m’échappe et la fraîcheur en embruns fait du bien au fond d’un puit bizarrement peupler d’ours en peluche et d’escargots baveurs, ça fait peur. Bébé Ange s’offre une routine sur ma peau qui réclame sa chaleur, il n’a pas vu la mer mais s’est offert quelques heures sur mon ouragan voilé d’ivresse, j’aime sa présence et le creux de son cou. Dans un coin de ciel bleu, un visage collé à une statue de pierre au regard baissé, son demi sourire dessine, par delà les mots fourmis, une tendre forêt cachée par des barbelés édentés, usés par un usage qui ne leur était pas destiné. Sortis du fond de la mémoire vive, des mots rêvent et brillent, parlant à ma tête, à mon coeur, elle marchait les pieds sur terre, et la tête dans les étoiles. Elle jouait à cache-cache avec les nuages, dans une boite de chocolats, si elle était une planète, elle serait à découvrir, et moi ? Il me faut entendre le silence, tenir à deux mains le fil de cette intuition, je me laisse glisser sur une douceur timide, l'exercice est difficile, périlleux et sa délicatesse délicieuse, son pas fragile et les mots en tubes dévoilent une lumière cruelle pour un instant qui se pose sur une douleur, sur le chemin de l’âme, dans le désordre d’un jour. Je prends un dictionnaire pour accéder aux définitions que je dissèque de sens pluriels en synonymes. Comme elle le dit si bien opposons au temps qui pleut des parapluies en sourires, baignés de senteurs marrons grillés et guimauves fondues, pour des marchés de fêtes en hiver, sur un air de petit papa noël, le temps passera et il retournera se geler les miches dans son pays glacé. Un ultime sex-appeal semble figé pour l’éternité, mannequin de chairs sans vie, à la beauté sublime, son regard perdu hors d’une vitrine mise à nue et à sac et Geronimo offre une pensée trop souvent oubliée, quand on aura tout perdu, il sera trop tard pour tout recommencer. Comme ces envies douces et réchauffées, pour un renouveau, les années passent mais ça reste là, fidèle à ce désir d’aimer bien au dessus de la vie formatée sur des bancs de bois où la parole est avortée, où l’on n’a pas forcément envie de causer. Il suffit de demander. Et depuis des semaines on reste sur un préliminaire, souhaitant éternellement ce début d’histoire, cette magie des instants premiers. La nuit n’est pas encore tombé, un dernier rayon de soleil enveloppe le toit des maisons, l’église a sonné et la lune reste accrochée au dessus d’une grue qui déchire la vue, le dimanche c’est toujours un peu étrange, entre la fin de quelque chose et le début d’un autre, ce qui a été fait et ce qu’il reste à venir.

17:25 Publié dans Echos à Vous | Commentaires (15)

Commentaires

Brèves de confiserie ? Oups ! J'ai avalé toute la boîte d'un coup... J'ai au passage reconnu certains parfums, et toujours aimé ton art du déroulé allusif. Bises

Écrit par : Oh!91 | 16 décembre 2007

Les mots à l'huile, plutôt qu'en acrylique, offrent des transparences qui par superposition permettent toute la richesse, la force et la sensibilité d'une toile impressionniste. C'est une des magies de notre langue, que nous envie les anglophones. :-)

Écrit par : Quidam LAMBDA | 16 décembre 2007

Surtout une magie de la Bougrelangue !

Dans Bougreland, la magie et partout, comme dans le Wonderland d'Alice.

Écrit par : Alex | 17 décembre 2007

Vraiment très subtil !!! l'art de peindre avec les mots !!!! Joli voyage au coeur de la virtualité des rêves ....

Écrit par : Manue | 17 décembre 2007

Ces douceurs c'est vous, sans vous il n'y aurait pas de voyages ;-)

Écrit par : Bougrenette | 17 décembre 2007

joli kaleïdoscope de sensations virtuelles ...
un peu de nous, un peu de toi

poutoux

luz

Écrit par : luz | 17 décembre 2007

très joli conte

J'ai idée que tu as été inspiré par nous tous..
Suis content de ne pas avoir mis de copyright ;-)

J'adore les partitions à plusieurs mains ..

bravo bis bis et bises

Écrit par : francouas | 17 décembre 2007

Superbe, Bougrenette ! Quel talent !

Écrit par : Fiso | 17 décembre 2007

Je t'embrasse Luz mais te pardonne pas ce "sex-appeal" j'ai le moral dans les chaussettes.
Bonne idée Francouas, ça fait un moment déjà d'ailleurs, faut avoir l'oeil c'est tout ;-)
Merci Fiso de retour du bout du monde.

Écrit par : Bougrenette | 17 décembre 2007

je comprends pas bien ... là.

Écrit par : luz | 18 décembre 2007

Tu sais, j'aime quand je vois ce petit bonhomme apparaître, promesse d'un moment où j'oublie un peu ce qui m'entoure pour plonger dans ce monde que tu nous livres. Et quand en plus il est plein de saveur douces ...
Merci ma belle...

Écrit par : Fée d'Hiver | 18 décembre 2007

Je plaisante luz ;-) il n'y a rien a comprendre. bisous
De rien petite fée, cet univers est une vision de ce que vous m'offrez au delà des mots.

Écrit par : Bougrenette | 18 décembre 2007

Impressionné par ton talent !!! C'est finement ciselé.

Écrit par : macaron | 18 décembre 2007

j'confirme, je reviens taleur! y a de la lecture ici! ;-)

Écrit par : Rouge | 18 décembre 2007

suis reviendue! j'ai tout lu! suis émue! poil au... rrroooo même pas vrai!
merci miss! ;-)

Écrit par : Rouge | 18 décembre 2007

Les commentaires sont fermés.