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25 octobre 2010

8 - Les saccades d'un antécédent

swarm2.jpgLa surprise me laisse muette, figée, le souffle coupé. Gabriel est là, suffisamment proche pour que d’un mouvement je puisse le toucher, je n’ose le faire, je reste là sans rien réaliser, sans rien dire. Pourquoi est-il là ? Il a rompu le lien tenu, d’un geste, de quelques mots, sans se retourner, sans réaliser qu’ainsi il me laissait profondément blessée, le pardon qu’il voulait je n’ai même pas pu l’envisager, la haine en cataplasme a fait son œuvre et aujourd’hui il est trop tard, bien trop tard. Le faire entrer, comment résister, pourquoi oublier qu’il piétine ma vie trop souvent, avant de repartir, enchainé à son étrange maléfice. Son visage est abimé, son corps entier semble frissonner, prêt à se briser, dans quelle vie est-il tombé, à quelle histoire s’est-il heurté. Partagée entre curiosité et instinct de survie, j’hésite en le regardant, sa bouche s’ouvre doucement, quelques mots tenus s’échappent « aide moi ».

Gabriel ouvre les yeux, cherchant autour de lui quelque chose de familier auquel se raccrocher, je semble trouver une place dans son champ de vision, « merci » me dit-il. Ne me remercie pas, raconte moi, ai-je envie de lui répondre, en me détournant sans rien dire.

« Je suis reparti longtemps, J’ai voulu abandonner mais jamais je n’ai résisté, encore et encore il m’a fallu tenter pour comprendre. J’ai vu des choses que je n’aurais jamais dut voir, j’ai souffert terriblement, spectateur d’une humanité cruelle, le 20 avril 1889 j’aurais pu d’un geste mettre fin à la vie du plus redoutable tyran de l’histoire humaine, je n’ai même pas pu le toucher, on ne m’a pas offert ce pouvoir, sachant ce qu’il allait faire je n’ai pu que le regarder en pleurant sur les millions de victimes que cet enfant ferait une fois adulte et l'aurais-je fait ?. Combien ont rêvé de pouvoir remonter le temps pour le tuer, et moi j’étais là impuissant, ne pouvant intervenir. Je cherche toujours le trésor, on me donne des bombes, des charniers, des enfants guerriers, esclaves, des femmes vitriolées, des bébés vendus, battus, violés, je ne peux que regarder, dit moi où est le trésor dans ce temps décomposé ? » ...

Illustration Daniel Shiffman

Commentaires

Etrange Gabriel ! Il revient de loin...1889? je n'ai pas tout compris, je vais relire le début
bonne journée belle grenouille je t'embrasse

Écrit par : if6 | 26 octobre 2010

La dure réalité des anges... Il parait qu'ils ne font pas ce qu'ils veulent. Ils ont un boss qui les tyrannise. C'est pourquoi, souvent, ils cachent leurs ailes pour qu'on ne sache pas d'où ils viennent, pour mieux se fondre dans la foule et devenir humain... Il me vient tout à coup des réminiscences des ailes du désir de Wenders...
Je te serre. A bientôt.

Écrit par : les nuages bavards | 26 octobre 2010

1889 : -) tu finiras par trouver je pense mais je crois que la lecture ici ne servira pas à grand chose, Gabriel c'est un grand n'importe quoi. moi aussi !

Encore un problème de boss tu crois ? ; -) ils les cachent ou les arrachent parfois aussi, le coté sanglant leur va bien, je trouve les anges totalement ambiguës. Fort aussi et j'espère vite.

Écrit par : Bougrenette | 26 octobre 2010

Ne serait-ce pas plutôt le rapport de l'homme à l'ange qui est ambigu ?

Écrit par : Le rameur | 27 octobre 2010

Certainement aussi, le rôle est intéressant beaucoup semblent vouloir l'interpréter, l'ange est à la mode, mais le sujet est compliqué : -)
Un certain AMINAN a écrit quelque chose sur "Le récit visionnaire" à la fin il dit : "C'est la rencontre de l'homme questionnant avec son ange qui révèle sa vérité, son fondement ... Découvrir le pourquoi de son être, son intimité humaine, à la fois universel et différentiel. Connais toi toi même et écrit ton histoire." Ca te parle ?

Écrit par : Bougrenette | 28 octobre 2010

Pourquoi poser la question quand on connait la réponse Boug' !

L'ambiguité est peut être là, dans ce dialogue et comme l'histoire à venir ne peut s'écrire qu'en toute sincérité...

Écrit par : Le rameur | 28 octobre 2010

pffff ! :-)

Écrit par : Bougrenette | 28 octobre 2010

1889 je pense avoir compris. Si j'ai juste, ça me fait penser à un truc génial qui circule en ce moment sur la toile, j'essaierai d'en faire une note.
Ne sois pas trop dure avec Gabriel, ni avec toi-même : nous sommes TOUS du grand n'importe quoi ! :)

Écrit par : Lancelot | 02 novembre 2010

J'ai hâte de lire cette note alors, tous un grand n'importe quoi oui pourquoi pas :-)

Écrit par : Bougrenette | 02 novembre 2010

Je suis sûr qu'il n'y a aucun rapport avec la planète des singes...
Là je me sens nettement moins performant ? :)

Écrit par : Philo | 03 novembre 2010

Je ne peux pas tout mettre sur le dos des singes non plus, faut varier les plaisirs : -) t'inquiète la performance n'est pas là où on le croit !

Écrit par : Bougrenette | 04 novembre 2010

Les commentaires sont fermés.